Amulet, 2016 – 2017
- Amulet
- 2016 – 2017
- Installation / Sculpture
- Toile de lin, coton, lin enduit, polyester, chanvre & bois
- Dimensions variables de 13 sculptures (H 200 cm)
- Vue d’exposition amuleto, Galerie Jérôme Pauchant, Paris (FR), 2017
- Images : © Claire Dorn
Un des ressorts de la pratique d’Aurélie Belair se situerait dans une attitude qui apparait alternativement opacifiante et éclairante : les oeuvres se caractérisent par une certaine simplicité formelle – empruntant même les aspects rudimentaires d’objets rituels ou primitifs – qui dissimule en son sein les actes prévalant à leurs réalisations. La série des Amulet (2017) dressée dans l’espace convoque un imaginaire multiple : sorte de mâts autonomes ou de totems étroits, elle poursuit parallèlement une histoire de l’installation minimale « affectée », dont les racines la lie autant aux environnements feutrés de Joseph Beuys qu’aux sculptures quasi organiques de Lygia Clark ou d’Eva Hesse. En rythmant spatialement la déambulation du visiteur à travers elles, les Amulet entretiennent non seulement un dialogue essentiel avec le lieu de leur présentation mais figurent les conditions singulières de leur élévations – les noeuds successifs qui les composent traduisant le rôle de la main et l’implication du corps dans la torsion des matériaux. Ce « paysage » vertical, comme se plaît à le qualifier l’artiste, incarne dès lors une somme de temps unifiée, où le geste plastique résonne avec la production de rites qui accueilleraient la répétition pour son potentiel obsédant, presque aliénant : l’alibi d’un dépassement de soi qui conduirait à une transe douce.
Texte de Franck Balland
Extrait de Phainómenon (2018)