Phainómenon, 2018

  • Phainómenon
  • 2018
  • Installation / Sculpture / Vidéo
  • Sans titre – N.S.E.O, 2018 Toile de lin enduit & bois. Dimensions variables. 4 x (250 x 20 cm)
  • Sans titre – Amulet #1, 2018. Toile de lin enduit & bois. 293 x 25 cm
  • Sans titre – Dialectiques des hiérophanies, 2018. Vis, clous & peinture murale. Ø 120 cm
  • Sans titre – Mystagogie, 2017. Encens pontifical sur toile de polyester & châssis bois. Ø 120 cm
  • M. qui défait les nœuds, 2018. Vidéoprojection 16/9. 7'36''
  • Vue d'exposition Phainómenon, Les Ateliers Vortex, Dijon (FR), 2018

En pénétrant dans l’espace des ateliers Vortex lors de l’exposition Phainòmenon d’Aurélie Belair, il n’est pas tout de suite perceptible qu’un charme est distillé, d’une œuvre à l’autre, pour envoûter, mystifier le spectateur, de son plein gré ou à son insu. (…)

Semblant presque directement sortir du sol, s’élèvent cinq formes totémiques. Un groupe de
quatre formes occupe le centre de l’espace : l’une est curviligne, les autres sont droites. Les
trois totems rectilignes forment, avec le quatrième, placé en retrait, presque accolé à un mur,
l’œuvre Sans titre – N.S.E.O (2018), représentant les quatre points cardinaux, proposant ici
une cartographie déformée, à laquelle s’agrège donc cette cinquième forme et autre œuvre,
Sans titre – Amulet, qui semble avoir usurpé sa place. Il se dégage de cette double installation
une sensation étrange, comme un déséquilibre dans la fabrique du monde ou une vision
métaphysique, augmentée, de sa représentation classique. En fait de totems, les sculptures
verticales se constituent de grandes toiles apprêtées, nouées sur elles-mêmes à de multiples
reprises, en référence au système des amulettes sud-africaines. Dans la croyance, le nœud
permet d’investir un vœu, une prière, symbolisé et concrétisé dans l’action de nouer. Les toiles
sont enduites, sur une face, de peinture couleur sauge, plante dont la combustion est utilisée
pour purifier les espaces de l’énergie négative d’un lieu dans les croyances amérindiennes et
chamaniques. L’espace délimité par les amulettes est chargé d’une tension et il est difficile au
premier abord de traverser l’installation, une difficulté similaire à celle provoquée par un rond de sorcière. Y pénétrer semble lié à un engagement, une prise de risque ou un pari sur de possibles
conséquences.

Texte de Juliette Tixier
Extrait de Phainómenon, Hors d’Œuvre n°42, déc. 2018 – mai 2019, p. 8 – 9.